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| Albergo Ottocento - The Main Monuments in Rome: Arco di Costantino |
L'Arc de Constantin est un arc de
triomphe à Rome, situé entre le Colisée et le Palatin. Il fut
construit pour commémorer la victoire de Constantin au Pont de
Milvius contre Maxence le 28 octobre 312. Inauguré en 315, c'est
le dernier de la série des arcs de triomphe à Rome, dans
laquelle il se distingue par son utilisation systématique de
remplois (spolia) de monuments antérieurs.
Présentation générale
L'arc mesure 21,10 m de haut, 25,7 m de large et 7,4 m de
profondeur. Il possède trois baies : la baie centrale est la
plus grande, avec 11,5 m de haut pour 6,5 m de large, tandis que
les passages latéraux mesurent 7,4 m de haut pour 3,4 m de large.
La partie inférieure du monument est construite de blocs de
marbre, tandis que la partie supérieure, l'attique, est en
maçonnerie de briques revêtue d'un placage de marbre. Un
escalier est aménagé dans l'épaisseur de l'arc, auquel on accède
par une porte située en hauteur sur le côté situé du côté du
Palatin.
La conception générale du monument avec une partie centrale
structurée par quatre colonnes libres (et non engagées comme sur
beaucoup d'arcs), et un attique comportant au centre une
inscription monumentale est inspirée du modèle de l'Arc de
Septime Sévère sur le Forum Romanum. Certains auteurs ont
suggéré que la partie inférieure de l'édifice remontait en fait
à un monument antérieur, probablement de l'époque d'Hadrien
plutôt qu'à la construction du IVe siècle.
L'arc chevauche la Via Triumphalis, la route prise par les
empereurs lorsqu'ils entrent dans la cité pour célébrer leur
triomphe. L'itinéraire de cette route commence au Champ de Mars,
conduit au Cirque Maxime et fait le tour du Palatin.
Immédiatement après avoir franchi l'Arc de Constantin, la
procession triomphale tourne vers la gauche et suit la Via Sacra
jusqu'au Forum Romanum, puis au Capitole, en franchissant à la
fois l'Arc de Titus et l'Arc de Septime Sévère.
Au Moyen-Âge, l'Arc de Constantin est incorporé dans une des
forteresses familiales de Rome. Des travaux de restauration sont
entrepris pour la première fois dans les années 1990.
Décor
Tel qu'il est conservé actuellement, et malgré les restaurations
modernes et contemporaines, le décor de l'arc diffère beaucoup
de son état initial : ont disparu aussi bien le groupe statuaire
qui le couronnait, et qui représentait peut-être Constantin sur
un quadrige, que la majeure partie des placages de pierre
colorée revêtant la façade — il en reste seulement des fragments
de porphyre sur la face nord. Le principal élément de décor
sculpté détruit est la frise qui devait courir tout autour du
monument, symétriquement à la frise constantinienne, au sommet
de la partie médiane, juste au-dessous de la corniche de l'attique.
On suppose que cette frise comportait elle aussi un cycle
narratif sur la conquête du pouvoir par Constantin.
Le décor de l'arc remploie massivement des fragments de
monuments plus anciens, qui acquièrent une nouvelle
signification dans le contexte de l'édifice constantinien. Sur
ce monument commémoratif de la victoire de Constantin, la
nouvelle frise historiée représentant sa campagne d'Italie
constitue le motif significatif le plus important : elle célèbre
l'empereur, à la fois dans ses fonctions militaires et civiles.
D'autres motifs iconographiques renforcent ce programme : les
éléments de décor (bas-relief, statues) pris sur les monuments
de l'Âge d'Or impérial, sous Trajan, Hadrien et Marc Aurèle, et
remployés sur l'arc, situent Constantin dans la lignée de ces
empereurs modèles. Ils évoquent l'image du dirigeant pieux et
victorieux.
L'utilisation de ces remplois est également expliquée par la
rapidité de construction de l'arc, commencée à la fin de 312 au
plus tôt, et achevée pour l'inauguration à l'été 315 : c'est
faute du temps nécessaire pour faire sculpter de nouveaux
reliefs que les architectes auraient réutilisé des pièces
existantes. On invoque aussi parfois une troisième explication,
l'incapacité technique des ateliers romains de sculpture du IVe
siècle de produire des œuvres d'une qualité comparables à celles
du IIe siècle : le pillage des monuments antérieurs
constituerait l'aveu implicite de cette infériorité technique et
artistique en même temps que la reconnaissance admirative des
œuvres de l'époque précédente. Cette interprétation n'est
toutefois guère plus retenue, en raison de la réévaluation de l'esthétique
qui domine l'art de l'Antiquité tardive : on admet généralement
aussi, ce qui est démontré par certaines œuvres, notamment dans
les arts mineurs (comme la sculpture sur ivoire) que les
artisans de cette époque avaient les moyens techniques d'approcher
sinon d'égaler le classicisme de leurs prédécesseurs. Un
argument important en faveur de cette réévaluation est la
qualité des portraits de Constantin et de Constance Chlore ou
Licinius retaillés à partir des portraits d'empereurs du second
siècle, aussi bien sur les tondi de l'époque d'Hadrien que sur
les grands panneaux du règne de Trajan ou de celui de
Marc-Aurèle.
Ces différentes explications ne sont pas exclusives l'une de l'autre
et peuvent chacune contribuer à rendre compte des remplois dans
ce monument. Cette pratique n'est par ailleurs en rien
exceptionnelle à l'époque, puisque de nombreux monuments élevés
sous le règne de Constantin font aussi largement appel à des
remplois : c'est le cas par exemple de la première basilique
Saint-Pierre de Rome ou encore de nombreux monuments de la
nouvelle capitale impériale, Constantinople.
Attique
Au-dessus de la baie centrale, l'inscription principale (voir
ci-dessous) occupe la place principale de l'attique. Elle est
identique sur les deux façades de l'arc. De chaque côté de cette
inscription, surplombant les deux baies secondaires, se trouve
une paire de panneaux de bas-reliefs — il y en a donc huit au
total sur l'arc. Ils proviennent d'un monument non identifié
érigé en honneur de Marc Aurèle, et représentent :
Sur la face nord, de gauche à droite, respectivement :
L'entrée de l'empereur (thème de l'adventus impérial) dans la
ville de Rome après la campagne ;
L'empereur quittant la ville et salué par une personnification
de la Via Flaminia ;
L'empereur distribuant de l'argent au peuple (la largitio) ;
L'empereur interrogeant un prisonnier germain.
Sur la face sud, de gauche à droite, respectivement :
Un chef ennemi prisonnier amené devant l'empereur ;
D'autres ennemis prisonniers présentés à l'empereur ;
L'empereur s'adressant aux troupes (l'adlocutio) ;
L'empereur sacrifiant un porc, un mouton et un taureau.(scène
de"suovétorile")
Ces huit panneaux, ainsi que trois autres conservés au Musée du
Capitole, proviennent d'un monument commémoratif célébrant le
triomphe de Marc Aurèle en 176 sur les Sarmates dans la guerre
de 169-175. Sur le panneau de la largitio, le portrait du fils
de Marc Aurèle, Commode, avait été effacé à la suite de la
condamnation de sa mémoire (damnatio memoriae) par le Sénat en
193. Les portraits de Marc Aurèle sur ces différents reliefs
sont en réalité des restaurations du XVIIe siècle : dans l'état
originel de l'arc, ils avaient été retaillés pour représenter
Constantin.
Au sommet de chacune des colonnes encadrant les baies, se trouve
une statue de prisonnier dace, probablement prise au Forum de
Trajan.
C'est à la même époque qu'appartiennent aussi les deux grands
panneaux (ils mesurent 3 mètres de haut) qui ornent les petits
côtés de l'attique et représentant des scènes des guerres de
Dacie. Ils proviennent, de même que les deux bas-reliefs situés
sur les parois du passage central, d'une grande frise célébrant
la victoire sur les Daces. Elle devait se trouver à l'origine
sur le Forum de Trajan ou dans les casernes de la cavalerie sur
le Cælius. Les figures de Trajan sur ces panneaux furent
retravaillées de la même façon que celles d'Hadrien sur les
médaillons, pour les adapter au nouvel empereur.
Partie principale (piles et entablement)
La structure générale de la façade principale est identique sur
les deux faces de l'arc. Elle est divisée par quatre colonnes
corinthiennes libres, en marbre jaune de Numidie (giallo
antico). L'une d'entre elles fut transférée pour être utilisée à
la basilique Saint-Jean de Latran et remplacée par une colonne
de marbre blanc. Les bases des colonnes sont ornées, de face,
par des victoires, et sur les côtés par des captifs barbares et
des soldats romains.
Les écoinçons de l'arc central sont décorés de reliefs de
Victoire portant un trophée, tandis que ceux des arcs
secondaires présentent des personnifications de fleuves. Les
reliefs des écoinçons, comme ceux des bases des colonnes, datent
de l'époque constantinienne.
Les tondi d'Hadrien
Au-dessus de chaque baie latérale, se trouvent des paires de
reliefs circulaires remontant à l'époque d'Hadrien : le monument
d'origine de ces sculptures n'est pas connu, mais on suppose qu'il
célébrait la chasse, une des activités favorites de l'empereur.
Sur les tondi figurent en effet des scènes de chasse et de
sacrifice alternées.
Sur la face nord, il s'agit respectivement de gauche à droite :
Une chasse au sanglier ;
Un sacrifice à Apollon ;
Une chasse au lion ;
Un sacrifice à Hercule.
Sur la face sud, les médaillons représentent respectivement de
gauche à droite :
Le départ à la chasse ;
Un sacrifice à Silvanus
Une chasse à l'ours ;
Un sacrifice à Diane.
Le portrait de l'empereur originel (Hadrien) a été retravaillé
sur tous les médaillons de façon à représenter, sur le côté
nord, Constantin dans les scènes de chasse et Licinius ou
Constance Ier, le père de Constantin, dans les scènes de
sacrifice, et inversement sur le côté sud.
Les reliefs, qui mesurent environ 2 m de diamètre, étaient
encadrés de porphyre : on le retrouve seulement sur le côté nord
de l'édifice. Des médaillons comparables, mais d'époque
constantinienne cette fois, ont été placés sur les petits côtés
de l'arc : ils représentent les chariots du Soleil levant sur le
côté est, et de la Lune sur le côté Ouest.
La frise constantinienne
Le bas-relief principal contemporain de la construction de l'arc
est la frise à motif historique qui se déploie tout autour du
monument en dessous des médaillons, à raison d'une bande
au-dessus de chaque arc secondaire et sur les petits côtés de l'arc.
Elle représente des épisodes de la campagne italienne de
Constantin contre Maxence, en raison de laquelle on procéda à la
construction du monument. La frise commence sur le côté ouest
avec la scène du départ de Milan, se poursuit du côté sud (qui
regarde vers l'extérieur) avec le siège d'une ville,
probablement Vérone, qui joua un grand rôle dans la guerre en
Italie du nord. C'est sur cette façade aussi que se trouve
représentée la bataille du pont de Milvius, avec l'armée
victorieuse de Constantin et l'ennemi en train de se noyer dans
le Tibre. Sur le côté est du monument, la frise montre
Constantin et son armée entrer à Rome. Il est notable que
l'artiste a évité dans ce cas l'utilisation de l'iconographie du
triomphe, probablement parce que Constantin ne souhaitait pas
apparaître en train de triompher sur Rome. Du côté nord, qui
fait face à la ville, deux bandes représentent les actes de l'empereur
après la prise de Rome : Constantin s'adresse aux citoyens sur
le Forum romanum, et procède à une distribution d'argent.
Le style des reliefs d'époque constantinienne
Reliefs latéraux dans les passages
Dans le passage central se trouve sur chaque paroi un des grands
panneaux de la guerre de Trajan contre les Daces. Dans les
passages latéraux étaient placés huit bustes (deux par mur) qui
ont été endommagés au point de ne plus être identifiables.
Inscriptions
L'inscription principale devait à l'origine être en lettres de
bronze. Elle est encore lisible aisément en raison des cavités
dans lesquelles étaient fixées ces lettres et des trous de
fixation qui demeurent. Le texte est le même sur les deux
façades et se lit ainsi :
IMP · CAES · FL · CONSTANTINO · MAXIMO · P · F · AVGUSTO · S · P
· Q · R · QVOD · INSTINCTV · DIVINITATIS · MENTIS · MAGNITVDINE
· CVM · EXERCITV · SVO · TAM · DE · TYRANNO · QVAM · DE · OMNI ·
EIVS · FACTIONE · VNO · TEMPORE · IVSTIS · REM-PUBLICAM · VLTVS
· EST · ARMIS · ARCVM · TRIVMPHIS · INSIGNEM · DICAVIT
Traduction :
Au pieux et heureux empereur César Flavius Constantin le Grand,
Auguste, parce que, sous l'inspiration de la divinité (instinctu
divinitatis) et par grandeur d'esprit, avec son armée et de
justes armes, en un seul coup décisif, il a vengé l'État sur le
tyran et toute sa faction, le Sénat et le peuple romain dédient
cet arc en signe de son triomphe.
Les mots instinctu divinitatis (« sous l'inspiration de la
divinité ») ont fait l'objet de nombreux commentaires. On y voit
en général le signe du changement d'affiliation religieuse de
Constantin : la tradition chrétienne, notamment Lactance et
Eusèbe de Césarée, rapporte que Constantin aurait eu une vision
du dieu des chrétiens au cours de la campagne, et qu'il fut
victorieux au Pont Milvius grâce au signe de la croix qu'il
avait fait inscrire sur les boucliers de son armée. Mais bien
que Constantin ait commencé à soutenir activement l'Église à
partir de 312, le symbole du Dieu Soleil, Sol Invictus, continue
de figurer en bonne place sur les documents officiels de son
règne — notamment les monnaies — jusqu'en 324. La formulation
assez vague de l'inscription sur l'arc, dans ce contexte, peut
être volontairement interprétée de différente façon, selon les
lecteurs, et satisfaire ainsi à la fois les païens et les
chrétiens.
Comme il est de coutume, l'ennemi vaincu n'est pas mentionné
nommément dans l'inscription, mais seulement par une référence
indirecte au « tyran », selon une terminologie qui, avec l'image
d'une « guerre juste », justifie l'assassinat d'un dirigeant
illégitime, et donc la guerre civile déclenchée par Constantin
contre son collègue Maxence.
Le même message est répété par deux courtes inscriptions situées
sur les parois intérieures du passage central :
LIBERATORI VRBIS (libérateur de la cité) — FUNDATORI QVIETIS (fondateur
de la paix)
Constantin se présente ainsi en libérateur et non en conquérant.
Il a délivré la Ville de l'occupation et rétabli la paix.
Au-dessus des baies secondaires, d'autres courtes inscriptions
se lisent ainsi :
VOTIS X — VOTIS XX — SIC X — SIC XX
Traduction :
Vœux solennels pour le 10e anniversaire — pour le 20e
anniversaire — de même que pour le 10e, de même pour le 20e
anniversaire.
Elles permettent de dater l'arc de triomphe des decennalia de
Constantin, à savoir du dixième anniversaire de son règne,
compté à partir de 306, qu'il célèbre à Rome lors de l'été 315.
Il est naturel de supposer que l'arc est inauguré durant ce
séjour dans la ville.
Car: 2.5 km, 9 min
Mix: 150 mt, 4 min
Foot: 2 km, 25 min |
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